Informations générales

Un agrégat extrêmement nuisible pour le béton

La pyrrhotite est une pierre sulfureuse qui réagit fortement à l'humidité, l'air et l'oxygène en gonflant. C'est un agrégat extrêmement nuisible qui fait éclater le béton des fondations provoquant d'importantes fissures en forme de toile d'araignée sur les fondation ainsi que de nombreuses fissures au niveau des revêtements de brique ou de pierre. La réaction chimique de la pyrrhotite est à ce point rapide et importante que dans certaines situations, elle fait vibrer la maison et entraine même des dommages intérieurs à la résidence.

Une région propice à ce problème

Il semblerait selon certaines informations que la région de la Mauricie a une géologie caractérisée par la présence de pyrite et pyrrhotite en importance dont les concentrations seraient uniques au monde, d'où les problèmes de pyrrhotite que nous connaissons actuellement.

Une distinction entre la pyrrhotite et la pyrite

Les problèmes de la pyrrhotite diffèrent de ceux de la pyrite et sont beaucoup plus dommageables pour la stabilité physique du béton de la résidence. La pyrrhotite affecte les fondations alors que la pyrite s'attaque aux remblais sous dalle. Ces deux pierres sont composées de sulfure de fer dont les compositions chimiques diffèrent légèrement. Elles ont un effet de gonflement lorsqu'elles sont présentes dans les agrégats constituants ces infrastructures, causant ainsi des dommages irréversibles à plus ou moins long termes selon les conditions auxquels elles sont exposées.

Les problèmes de pyrrhotite apparaissent généralement rapidement. Les résidences présentement affectées ont été construites des années 1996 à 2008 inclusivement. Quant à la pyrite, elle peut prendre de nombreuses années, dans certains cas plus de 20 ans, avant de s'activer et de faire lever et fissurer les dalles de béton.

Des travaux de réparation majeurs

Les problèmes de pyrrhotite nécessitent des travaux de réparation majeurs qui sont très onéreux. Ces travaux comportent les principales actions suivantes :

  • Défaire et refaire entièrement les sous sols existants
  • En général , défaire et refaire entièrement les revêtements de brique ou de pierre.
  • Défaire et refaire tous les aménagements paysagers, piscine, cabanon, remise, pavé uni et l'asphalte qui sont dans un périmètre de 4 mètres autour de la résidence ou dans la zone des travaux.
  • Lever la maison.
  • Défaire et refaire entièrement les fondations et les dalles de béton.

Les coûts attribuables à la pyrrhotite sont donc beaucoup plus élevés que ceux imputables à la pyrite. La valeur des résidences infestées s'en trouve considérablement affectée ainsi que la revente, tout au moins tant que les travaux correctifs ne sont pas réalisés. Les dommages attribuables au présent désastre de pyrrhotite en Mauricie sont évalués à un milliard de dollars.

De nombreuses familles touchées

Le désastre de la pyrrhotite affecte présentement plus de 2000 familles de la région de la Mauricie principalement concentrées dans la Ville de Trois-Rivières. Le nombre de victimes ne cesse d'augmenter de semaine en semaine. Environ 35 % des victimes sont couvertes par un plan de garantie des maisons neuves, principalement celui de la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ. Les autres victimes sont soit des auto-constructeurs, soit des propriétaires dont le délai de leur garantie est échu ou soit des victimes qui se sont vu refusées une indemnité par leur plan de garantie des maisons neuves.

Un drame qui se répète

La Mauricie a déjà connu une problématique identique il y a dix ans alors qu'une quarantaine de maisons ont été gravement endommagées par de la pyrrhotite. Malgré que la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ a été contrainte de débourser des centaines de milliers de dollars lors de la première vague, rien ne semble avoir été fait par les autorités compétentes et l'industrie de la construction afin d'éviter que la situation se répète en dix fois pire.

Des lacunes importantes

La carrière en cause dans la présente situation a été exploitée librement, sans aucune contrainte, à 100 mètres de celle ayant contaminé les résidences il y a 10 ans. 

La norme actuelle de qualité du béton est imprécise et laisse place à l'interprétation.

La certification QUALIBÉTON n'a aucune valeur en matière de qualité des agrégats du béton et ne constitue qu'un élément de marketing.

Le processus actuel de contrôle de qualité du béton présente d'importantes lacunes qui ne permettent pas d'assurer aux acheteurs de résidences neuves un béton adéquat qui ne causera aucun problème aux fondations.

Voici deux liens qui donnent plus d'informations sur la pyrite et la pyrrhotite :


Quelques conseils préventifs pour ralentir le gonflement

  1. Réduire l'humidité du sol

    ​​L'absence d'humidité excessive peut ralentir le gonflement. Pratiquement, le processus d'oxydation ne peut pas être totalement arrêté mais l'oxydation sur une très longue durée pourrait causer moins de dommage qu'une oxydation rapide. On peut réduire l'humidité du sol par un meilleur drainage de surface:
    • repositionner les descentes de gouttières pour éloigner l'eau des fondations;
    • modifier la pente du sol autour des fondations;
    • sceller les recouvrements d'asphalte au joint des fondations;
    • vérifier, quand c'est possible, le bon fonctionnement du drain de fondation. Ce drain peut graduellement s'obstruer au bout d'une vingtaine d'années.
  2. Ne pas laver d'automobile et ne pas surchauffer le garage

    Un soulèvement de 2 cm au centre d'une dalle de béton dans un garage ne cause généralement aucun tort sauf qu'il nuit à l'égouttement de l'eau vers le drain central. De simples fissures dans la dalle du garage ne causent pas de tort non plus. Si vous jugez que la situation ne requiert pas de travaux immédiats, évitez de laver l'automobile dans le garage et l'hiver, évitez de trop chauffer le garage. 
  3. Sceller les fissures

    Les fissures permettent d'alimenter le remblai en oxygène et en eau, ce qui stimule la réaction. De même, les attaques sulfatiques du béton se concentrent généralement dans les zones plus fissurées. Colmatez les fissures avec un ciment de réparation ou un scellant souple de polymère. Dans le cas où les fissures résulteraient d'un mouvement du mur fondation, il serait préférable de les colmater en prévoyant que lors d'éventuels travaux de réfection, le mur pourrait être remis dans sa position d'origine à l'aide de tirants. Le repositionnement du mur fera en sorte que les fissures se refermeront presque entièrement. Vous devrez donc voir à colmater les fissures de façon temporaire, en choisissant un scellant qui pourra facilement s'enlever, ou en collant de part et d'autre de la fissure une membrane souple et imperméable. Par ailleurs, si les fissures sont encore actives, un scellant souple résistera mieux aux mouvements qu'un scellant rigide. Un produit comme l'époxy est donc déconseillé dans le cas de fissures actives, d'autant que les travaux de colmatage à l'époxy sont relativement dispendieux. Pour éviter les problèmes liés aux infiltrations d'eau par les fissures, vous devrez également colmater la partie de fissure sous le niveau du sol. Il vous faudra creuser sur toute la longueur de la fissure, généralement jusqu'à la semelle.
    (source: Guide La pyrite et votre maison de l'ACQC, page 43)